Route sinueuse traversant une forêt de sapins dans les Vosges avec de la brume matinale sur la vallée en contrebas.

Route d’Épinal à Gérardmer : trafic, itinéraires et spots de pêche

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Écrit par LucienPeche

13 juillet 2026

Il fait encore ce petit froid piquant des petits matins vosgiens, celui qui vous mord les joues quand vous chargez les cannes dans le coffre. Le thermos de café brûlant cale contre le siège passager, le givre dessine des fougères sur le pare-brise. Vous le connaissez ce frisson, vous aussi : celui du départ, quand la D11 vous tend les bras et que la Vologne vous promet une fario de septembre.

L'essentiel sur la Route d'Épinal


  • Statut actuel : Axe Épinal → Gérardmer ouvert via D11 (dernière vérification ce matin 6h15).
  • ⚠️
    Travaux en cours : Aucun signalé. Secteur Arches-Docelles sensible aux chutes de pierres après fortes pluies.
  • Axes concernés : D11 (itinéraire principal), RN57, RD107.
  • Itinéraires de déviation : Par Rambervillers (D32/D44), Remiremont (RN57/D486), ou Neufchâteau (RD166/D8) en cas de fermeture.
  • Fiabilité : Vérification manuelle le matin même ; consultez Inforoute88 pour les mises à jour en temps réel.

Pour vous aider à anticiper votre trajet, utilisez notre planificateur d’itinéraire personnalisé ci-dessous. Il tient compte des fermetures en cours et de vos préférences (route touristique, plus rapide, sans péage).

Planificateur d’itinéraire Épinal – Gérardmer

Type d’itinéraire préféré
Inclure les cols et routes panoramiques

L’axe Épinal-Gérardmer : votre fil d’Ariane vers les spots vosgiens

Si vous tracez une ligne entre Épinal, la préfecture posée sur la Moselle, et Gérardmer, la perle des Hautes-Vosges, vous épousez le tracé d’une route qui monte doucement, par paliers successifs, comme une respiration qui s’accélère. On quitte la rocade spinalienne encore large, presque autoroutière, pour basculer sur la D11 à hauteur d’Arches. Le bitume se resserre, les virages se font plus sinueux, le paysage se densifie.

C’est cette transition qui fait tout le sel du trajet. La RN57 vous a déposé au pied de la vallée, vous avez longé la zone commerciale, puis soudain le relief vosgien se dresse et la route devient complice. À Arches, la D11 s’engage résolument vers l’est, longeant la rive droite de la Vologne par endroits, traversant des villages au nom qui sentent la scierie et le torrent : Jarménil, Docelles, Cheniménil. L’altitude grimpe sans brutalité — on passe de 350 mètres à Épinal à plus de 600 en approchant de Gérardmer.

Cette départementale incarne un axe historique entre la plaine lorraine et le massif. Avant la modernisation de la RN57 dans les années 1970-1980, c’était l’itinéraire privilégié pour monter de la vallée de la Moselle vers les crêtes. Aujourd’hui, pour le pêcheur du dimanche comme pour le passionné, elle représente surtout une porte d’entrée rapide sur un dense réseau de ruisseaux, de lacs et de réservoirs. Une demi-heure de voiture et vous voilà passé des quais de l’Étang du Chapitre aux berges sauvages de la Vologne.

L’avantage pour nous autres ? Une accessibilité sans pareille aux spots de la vallée, tout en évitant les itinéraires plus fréquentés. La RN57 reste l’épine dorsale du trafic vosgien, mais la D11 et ses voisines — la RD107, la D32, la D44 — forment une toile secondaire qui irrigue les coins moins courus. C’est exactement ce qu’on cherche quand on a une gaule à tremper et peu de patience pour les embouteillages du samedi.

Travaux et imprévus : vos itinéraires de repli pour ne jamais rater une sortie

Dire que la route des Vosges est capricieuse serait un euphémisme. Elle est belle, sauvage, mais elle se mérite. Entre les éboulements printaniers le long de la vallée de la Vologne, les fermetures hivernales pour verglas sur les portions forestières et les inévitables chantiers de réfection de chaussée entre mai et octobre, mieux vaut avoir un plan B — et un plan C — dans la poche.

La D11 est particulièrement exposée sur sa section entre Arches et Docelles, là où la falaise gréseuse surplombe la route. Après des épisodes de fortes pluies, des purges de sécurité sont parfois déclenchées par le Conseil Départemental, entraînant des fermetures ponctuelles. La rocade d’Épinal (RN57) connaît aussi ses ralentissements chroniques : le tronçon entre le rond-point de Razimont et l’échangeur d’Arches souffre régulièrement de travaux d’entretien d’ouvrages d’art, notamment le viaduc qui enjambe la Moselle.

Ajoutez à cela la neige vosgienne — abondante au-dessus de 500 mètres de décembre à mars — et vous comprenez pourquoi un pêcheur averti en vaut deux. Voici les déviations qui sauvent une matinée de pêche.

Vue aérienne d

Tableau des itinéraires alternatifs

Itinéraire Destination Distance Temps estimé État type Remarques
D11 par Arches (itinéraire principal) Gérardmer 40 km 35 min Ouvert (hors travaux) Traversée de Jarménil et Docelles. Sensible aux chutes de pierres.
Par Rambervillers — D32/D44 Gérardmer 55 km 50 min Généralement ouvert Remonte par la rive gauche de la Mortagne. Plus long mais plus sûr en cas de fermeture de la D11. Rejoint la D11 à hauteur de Cheniménil.
Par Remiremont — RN57 Gérardmer 60 km 45 min Ouvert toute l’année Axe national bien déneigé et entretenu. Plus de circulation, mais fiable. Rejoint Gérardmer par le col de la Grosse Pierre (D486).
Par Neufchâteau — RD166 → D8 Gérardmer (par l’ouest) 75 km 1h05 Variable Itinéraire de grand contournement, utile si tout l’est vosgien est perturbé. Traverse le Plateau des Mille Étangs avant de redescendre sur Gérardmer.

La règle d’or que j’applique depuis vingt ans : consultez la veille au soir et le matin même. Un coup d’œil à Inforoute88 et un autre à la webcam du col de la Grosse Pierre vous évitent de faire demi-tour devant des barrières Vauban.

Mémoire de bitume : comment la route d’Épinal s’est forgée au fil des décennies

Avant d’être un ruban d’asphalte commode, la route d’Épinal à Gérardmer fut un chemin de transhumance, puis une voie pavée, puis un axe stratégique du département. Comprendre son évolution, c’est saisir pourquoi certains tronçons sont encore si étroits et d’autres parfaitement calibrés.

L’histoire moderne de cet axe commence réellement dans les années 1930, avec l’aménagement progressif de la RN57 comme colonne vertébrale nord-sud du département. Épinal se connecte alors efficacement à Nancy au nord et à Remiremont au sud. Mais pour relier Gérardmer, c’est d’abord l’ancienne route d’Arches qui fait office de passage obligé — une départementale sinueuse qui épouse le relief sans artifice.

Dans les années 1970, la construction de la rocade ouest d’Épinal change la donne : le trafic de transit n’a plus à traverser le centre-ville, et la jonction vers Arches — et donc vers la D11 — devient plus fluide. La D11 elle-même connaît plusieurs campagnes d’élargissement et de rectification de virages durant les années 1980 et 1990, en particulier entre Docelles et Cheniménil, où la Vologne imposait un tracé en lacets difficilement praticable pour les poids lourds.

Aujourd’hui, le réseau secondaire qui maille le piémont vosgien — RD107 vers Rambervillers, D32 vers Bruyères, D44 vers Corcieux — forme un héritage direct de cette géographie contraignante. Certaines portions n’ont pas changé de largeur depuis un siècle. C’est ce qui leur donne du charme… et des limitations à 50 km/h en pleine forêt.

Composition scindée présentant à gauche une route rurale étroite en noir et blanc des années 1950 et à droite la même voie élargie avec des marquages blancs en couleur, surmontée du texte Routes des Vosges sur un bandeau semi-transparent.

Chronologie des interventions récentes et projets annoncés

Voici une frise des travaux et perturbations marquantes sur l’axe Épinal-Gérardmer et ses abords, compilée à partir des relevés du Conseil Départemental et des observations de terrain. Elle couvre les douze derniers mois glissants et les projets confirmés.

Septembre 2025 — Réfection de la couche de roulement sur la D11 entre Arches et Jarménil. Circulation alternée pendant trois semaines. Retard possible en heure de pointe matinale — prévoyez dix minutes de marge.

Août 2025 — Purge de sécurité des falaises gréseuses au lieu-dit « Roche de la Vologne », juste après Docelles. Fermeture totale de la D11 durant quatre jours, déviation obligatoire par Rambervillers (D32/D44). Travail titanesque des cordistes, mais indispensable après les fortes pluies de juillet.

Février 2025 — Fermeture temporaire de la RN57 entre Remiremont et le col de la Grosse Pierre pour cause de neige abondante et risque d’avalanche dans la montée. Conséquence indirecte : report de trafic sur la D11, qui reste ouverte mais nécessite des équipements hiver.

À venir — Juin 2026 (prévisionnel) — Réfection complète de la chaussée sur la D11 entre Cheniménil et le rond-point d’entrée de Gérardmer. Le Conseil Départemental prévoit une fermeture de jour avec déviation par la D417 (Xonrupt). Un chantier à suivre de près si vous prévoyez des sorties estivales sur le lac.

En projet — horizon 2027-2028 — Sécurisation du carrefour D11 / RD44 à hauteur de Cheniménil, avec possible création d’un giratoire. Le but affiché : fluidifier les croisements entre le trafic local et les usagers en direction des stations.

Au bord de l’eau : 3 haltes pêche secrètes ou emblématiques sur le tracé

C’est la raison pour laquelle vous lisez ces lignes, j’imagine. Le ruban d’asphalte qui relie Épinal à Gérardmer n’est pas une fin en soi : c’est le vecteur qui vous mène au bord de l’eau, canne en main, dans des décors où la rivière coule à deux pas du bas-côté. Voici trois haltes que je connais bien, trois ambiances différentes, trois façons de pêcher.

Route sinueuse traversant une forêt de sapins dans les Vosges avec de la brume matinale sur la vallée en contrebas.

Halte 1 : La Vologne à Jarménil — la fario en famille

Accès : depuis la D11, prenez la direction du centre de Jarménil. Un petit parking gravillonné se trouve juste après le pont de la Vologne, rive droite. De là, un sentier descend vers les berges en moins de deux minutes.

Le parcours : c’est une portion d’environ 800 mètres classée en parcours classique. La Vologne y dessine de belles courbes, alternant radiers peu profonds et fosses marquées sous les racines des aulnes. Idéal pour une pêche à la surprise en toc, avec des truites fario de 20 à 35 centimètres en majorité, parfois une zébrée plus méritante en début de saison. L’ombre commun fait des apparitions régulières dans les courants plus vifs.

L’astuce du coin : pêchez la bordure immédiate du courant principal, juste sous le pont. Les truites aiment s’y poster en embuscade quand l’eau est claire. Et pensez à jeter un œil au niveau : après un orage d’été, la Vologne peut monter de 30 centimètres en une heure. À ce moment-là, remballez ou passez à la halte suivante.

Halte 2 : La Moselotte à hauteur de Vagney — le parcours no-kill exigeant

Accès : Vagney se trouve à une vingtaine de minutes de la D11 si vous bifurquez par le col de la Grosse Pierre depuis Gérardmer (D486). L’accès au parcours no-kill se fait depuis le parking du stade municipal, en direction de Thiéfosse. Suivez les panneaux de l’AAPPMA locale — le parcours est bien indiqué.

Le parcours : classé en no-kill, ce tronçon de près d’un kilomètre exige une discipline totale : hameçons sans ardillon, épuisette obligatoire, remise à l’eau immédiate. La récompense est à la hauteur : la Moselotte, plus large que la Vologne, abrite des fario sauvages dépassant parfois les 40 centimètres. Les courants sont puissants, le fond de galets rend la progression physique. Pêche à la mouche en nymphe au fil, ou en sèche en mai-juin quand les éclosions d’éphémères rendent les poissons fous.

Les règles d’or : venez en semaine si vous pouvez. Le week-end, le parcours est fréquenté, et les poissons éduqués se méfient vite. Et prévoyez des chaussures à semelle feutrée — les galets de la Moselotte sont traîtres, surtout en automne quand les algues les rendent glissants.

Halte 3 : Les abords secrets du lac de Gérardmer — la perche et le brochet au lever du jour

Accès : le lac de Gérardmer est accessible en dix minutes depuis la D11 une fois arrivé à Gérardmer. Oubliez les pontons touristiques de la rive nord. Garez-vous plutôt du côté de la plage des Bas-Rupts (rive ouest), là où le sentier forestier longe des criques discrètes et des postes moins battus.

Le parcours : ce n’est pas une rivière, d’accord. Mais ce lac glaciaire de 115 hectares recèle des populations de perches communes et de brochets qui valent largement le détour. Aux premières lueurs, quand la brume danse encore sur l’eau, les perches chassent en bordure des herbiers. Une cuiller ondulante ou un poisson nageur de 5 à 7 centimètres fait des merveilles. Les brochets, eux, patrouillent plus au large — une pêche au mort manié depuis un float tube donne les meilleurs résultats en septembre.

La spécificité réglementaire : le lac est en domaine public, géré par une AAPPMA spécifique. La carte de pêche classique des Vosges ne suffit pas : il faut une carte « Lac de Gérardmer » en supplément. Renseignez-vous à l’office de tourisme ou chez le dépositaire le plus proche avant de tremper le fil.

L’appel des cimes : routes panoramiques et cols voisins pour prolonger l’évasion

Une fois vos cannes rangées, si l’envie vous prend de prolonger la route pour le simple plaisir des yeux, le massif vosgien vous offre quelques-unes des plus belles voies panoramiques de l’Est de la France. Ces itinéraires complètent idéalement une sortie pêche, transformant une matinée au bord de l’eau en une journée d’immersion totale.

Route de montagne sinueuse sur une crête élevée avec de vastes vallées verdoyantes, des nuages printaniers, des sommets herbeux parsemés de fleurs sauvages, un cycliste solitaire au loin, et en bas un texte superposé

La Route des Crêtes est la star incontestée. Elle file sur 90 kilomètres entre le col du Bonhomme au nord et le Grand Ballon au sud, en restant constamment au-dessus de 900 mètres. La conduite y est facile, la chaussée large, mais la météo change vite. En hiver, elle ferme régulièrement — consultez l’état des cols avant de vous y engager. Pour le pêcheur, c’est une excellente rampe de lancement vers les lacs d’altitude vosgiens et alsaciens : lac de la Lande, lac des Truites, lac du Ballon. De belles populations d’ombles chevaliers et de truites fario attendent ceux qui acceptent de marcher vingt minutes depuis le parking.

La Route du Ballon d’Alsace monte depuis Saint-Maurice-sur-Moselle ou depuis Sewen (côté alsacien) jusqu’au sommet à 1247 mètres. Plus technique que la Route des Crêtes, avec des pourcentages qui titillent les 10 % dans les épingles, elle récompense par des vues à couper le souffle sur la vallée de la Doller et la trouée de Belfort. Côté pêche, la Savoureuse et ses affluents en contrebas offrent de jolis parcours à truites en première catégorie.

Le Col du Bonhomme lui-même (949 mètres) relie les Vosges à l’Alsace par la D415, un axe fréquenté mais incontournable. Le versant alsacien, plus raide, plonge vers Kaysersberg. Une fois redescendu, les rivières alsaciennes — la Weiss, la Fecht — méritent une carte de pêche complémentaire mais peuvent agréablement diversifier vos habitudes.

Le potentiel de pêche à proximité de ces routes est réel, mais sachez lire la saison. En mai, la fonte nivale rend certaines rivières impêchables. En août, les étiages concentrent les poissons dans les fosses. Adaptez votre approche, et surtout : vérifiez l’état des routes d’altitude la veille. Une fermeture imprévue pour verglas résiduel, et c’est une heure de détour qui vous attend.

La montagne, ça se mérite : préparer votre véhicule et votre matériel

Rouler dans les Vosges, surtout entre novembre et mars, ce n’est pas comme longer la côte en juillet. Voici trois points de vigilance qui m’ont évité bien des mésaventures — et quelques amendes.

Équipement d

Pneus hiver et chaînes : une obligation, pas un luxe. La loi Montagne II, applicable dans les communes vosgiennes classées en zone de massif, impose des équipements hiver du 1er novembre au 31 mars. Concrètement : soit quatre pneus hiver, soit la présence de chaînes dans le coffre. La D11 entre Arches et Gérardmer traverse plusieurs communes concernées, et les contrôles de gendarmerie sont fréquents les matins de gelée. L’amende, c’est 135 euros. De quoi financer une belle canne à mouche, en pure perte.

Sécurisez votre matériel de pêche. Une canne en quatre brins se glisse facilement dans l’habitacle. Mais pour les cannes en un seul brin, l’utilisation d’un étui rigide et son arrimage solide dans le coffre ou sur la banquette arrière sont indispensables.

Un freinage appuyé dans une descente sinueuse de la D11, et une canne non fixée devient un projectile. J’ai vu un étui traverser un habitacle lors d’un évitement de chevreuil : plus jamais sans sangles.

Stationnement civique près des spots. Les berges vosgiennes sont souvent bordées de prairies agricoles ou de chemins d’exploitation. Ne vous garez jamais devant une entrée de champ ou un accès de grange, même « pour cinq minutes ». L’agriculteur qui passe avec son tracteur à 7 heures n’a pas à négocier avec votre pare-chocs. La cohabitation entre pêcheurs et riverains est une denrée fragile : préservons-la. Utilisez les aires de stationnement balisées, quitte à marcher deux cents mètres de plus. Vous serez plus au calme, et le bord de l’eau se mérite.

Prenez la route un matin de mai, quand la lumière perce à travers les hêtres au-dessus de Docelles et que la Vologne scintille entre les cailloux. Vous sentirez cette évidence : la route n’est qu’un moyen, mais dans les Vosges, elle fait partie du voyage. La D11, la RN57, les départementales qui serpentent vers Rambervillers ou Remiremont — ces axes sont vos alliés. Respectez-les, anticipez leurs humeurs, et ils vous mèneront aux plus belles rivières de l’Est.

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